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Finesse & légèreté comme disait l’aut’

24 août 2006

En pouf accomplie, samedi dernier, ou l’autre d’avant, je réussis à convaincre C. après moultes négociations, d’aller faire un tour dans le centre commercial du coin où se trouve, accessoirement, un H&M dont je connais les rayons par cœur et qu’il déteste.

En route, je commençais à sentir une odeur. Etrange. Douteuse. Empoisonnante. Un truc qui ne pouvait, raisonnablement, pas provenir d’un corps humain normalement constitué. Je vous le dis.

Je suspectais cette effluve dérivant de C. et plus particulièrement de ses pompes. Prisonnier de la voiture, nous dûmes bientôt ouvrir grandement les fenêtres tant cela devenait insupportable.

– « Pouah ! Mais ça vient de toi Yvan ! »

– « Mais nooon, c’est l’odeur du frigo quand tu l’a ouvert avant de partir qui te rest’ dans le nez … »

– « Depuis quand le frigo i’ pue la mort ? »

Cinq minutes plus tard, j’en étais aussi certaine que un et un font deux.

– « Attends, tu pourrais pas sentir de là où t’es ! C’est pas moi j’te dis ! »

– « Mais tu sens pas cette odeur de camembert pourri ou quoi ?! »

Arrivé sur place, l’arôme continuait de nous poursuivre, plus précisément de me poursuivre puisqu’apparement C. était bouché.

Je commencais à avoir peur. Qu’était-ce ? C.avait-il changé de déo’ sans m’en avertir ? Mon pif était-il atteint d’une maladie-qui-invente-des-odeurs-inexistantes ? Que se passait-il ? Mon Dieu, venez-moi en aide …

Accablée de questions existentielles intérieures, je fus soudain soulagée de tout examen appronfondi quand C. me dit simplement : « t’as raison, ça pue. »

Là vous vous dites tous « mais vas-y putain regarde sous tes pompes bordel » je sais.

Pile devant la vitrine du H&M (« han je veux CES collants ! »), C. tenta de se dérober comme à son habitude pour éviter le supplice de l’arpentage lent et méthodologique des rayons du magasin.

– « J’vais à Planet Saturn moi ! »

– « Nan ! J’veux que tu restes avec moi hein ! »

– « Oh nooon ! »

– « Mais si, je f’rais vite, promis ! »

– « Bon, j’vais pisser alors … »

Deux rayons épuisés et trois minutes plus tard, C. réapparut et sa si personnelle odeur aussi.

– « Nan mais là ça ressent putain ! »

Puis, bêtement intelligemment, il jeta un oeil sous ses tatanes version quarante trois et s’aperçut, à notre graaande surprise, qu’une crotte non-identifiée à demie fossilisée lui collait aux semelles.

Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ? Nul besoin de me chercher des causes personnelles alors que le coupable n’était autre que son pied gauche (au moins on pourra jouer au loto).

Je continuais à pousser les cintres jusqu’à trouver mes 34, loin de C. que j’avais fermement obligé à garder une distance de sécurité de trois mètres entre lui et ses converses-qui-n’étaient-même-plus-dignes-de-porter-ce-nom. Ses émanations pouvaient détruire à tout jamais mes facultés olfactives, mes narines étant habituées à mon parfum au patchouli.

– « J’vais aller acheter d’autres godasses en face, même des sandalettes en caoutchou j’m’en fous ! »

– « Ben j’vais essayer d’abord ! »

– « On se retrouve plus tard … »

– « Ah non, tu viens avec, après si t’aimes pas tu râles … »

– « Mais c’est une question de vie ou de mort là Jess ! »

Après une heureuse queue de courte durée, munis de nos cartes numérotées, je filais dans la cabine du fond, celle avec le rideau.

Enfilage de pull à rayures après essayage de tee-shirt à rayures (oui j’aime les rayures en ce moment), je me dis que je ferai bien de me dépêcher avant qu’une alerte au virus ne soit déclenchée ou que l’on m’interdise l’entrée de la boutique à vie.

J’étais complètement pétée de rire à chaque ouverture du rideau en voyant la tronche décomposée de C. qui était apparemment devenu l’ennemi public numéro un du H&M de Nîmes. Les madames qui patientaient devant les cabines, ayant manifestement reconnu la source de la perfide odeur en la personne de C., avaient trouvé de l’utilité dans les cartons fournis à l’entrée en s’en servant comme éventail d’appoint devant leur mine déconfite. Je gloussais à m’en dilater la rate.

Faisant durer le plaisir, je remballais ma marchandise corrrectement sur les cintres avant de sortir.

En repartant, je me souviens avoir aperçu une dame lancer un regard destructeur sur C. qui, selon ma télépathie légendaire, devait se dire « putain mais i’ s’est chié dessus ce pauvre mec ! »

Je stoppais, net, de rigoler lorsque je vis C. racler sa godasse sur le bas d’un portant de manteau.

– « Qu’est ce’ tu fous ? Putain arrête, viens on va t’en acheter d’autres ! »

Là, c’était C. qui était mort de rire, comme un gosse qui aurait balancé de la bouse de cheval dans des boîtes à lettres en imaginant la gueule des gens à l’ouverture du courrier (quoi vous l’avez jamais fais p’tet?)

Après être passés en caisse, nous filions à toute allure vers un magasin d’ordinaire trop cher où nous dénichions des converses bordeaux soldées. Un grand ouf de soulagement puisque C. était prêt à s’acheter des tongs à deux euros, même méga moches pour terminer notre samedi shoppinesques. Vraiment, je n’aurais pas pu finir l’après-midi comme ça, je me serai très certainement pissée dessus et un autre problème serait survenu. Le cycle de la vie, tout ça …

Une fois sur le parking, C. s’empressa de troquer ses vieilles converse jadis beige pour les nouvelles, fraîchement sorties de leur emballage.

Enfin bien dans ses baskets, nous filions à l’anglaise vers une boutique d’instruments de musique, ma bête noire en laissant derrière nous, cachées sous la voiture, ses converses, sans verser la moindre larmichette d’adieu.

Bon et puis je vous raconte pas l’attente interminable dans ladite boutique où C. testait des ampli à lampes dans la salle insonorisée de chais-pu-quoi enfermé avec un vendeur pendant que moi, je me roulais les pouces j’étudiais la résistance de mon vernis à ongle rose, assise sur un tabouret de batterie, avec une gueule de trois mètres de longs et qu’un autre vendeur à la Cauet tentait infatigablement de me faire rire en imitant Jacques Martin avec son putain de micro et sa sono.

Ah ça oui, C. s’est bien vengé. Plus jamais je ne le laisserai poireauter avec du caca aux pieds.

Mais, pour me rerevenger, le soir même je lui faisais acheter ça « pour mon anniversaire à l’avance ».

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