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La thèse de la phobie du dentiste

20 novembre 2009

Près de 60% de la populace a peur d’aller chez le dentiste, c’est pas moi qui le dit, c’est les statistiques. Un vrai fléau des temps modernes, pire que les impôts, pire que la belle-doche, pire que tout. Tiens, pour étudier ce mythe, prenons un cobaye : moi. Pour me rattraper de toutes les fois où j’ai jamais levé le doigt pour répondre à la maitresse alors que bien sur je savais la réponse. Un volontaire ? Moi j’te dis !
Bonjour, je m’appelle Jess et j’ai peur du dentiste (là, vous dites, booonjour Jess hein).
phobie dentiste
La problématique : le sujet âgé de 26ans, de sexe shoppingnien féminin, est atteint de dentistophobie (*appellation non contrôlée) et présente des troubles de la personnalité à la vue d’un cabinet dentaire et des épisodes de démence lors des soins. Les premiers symptômes sont apparus durant la période ingrate de  l’adolescence. La patiente, une vrai conne soit dit en passant (*note de l’auteur), ne s’est présentée à aucune convocation pendant neuf années d’insouciance quenottienne. Un projet dont nous tairons l’intrigue a été le déclic.
Le diagnostic : une peur viscérale des dentistes.
Le traitement de choc : un bon coup de pied au cul.
phobie dentiste

  • Chapitre I, où le cobaye fait le premier pas.

a) L’acceptation
Même si le sujet de l’expérience s’entend plutôt bien avec sa brosse à dent, le moment fatidique arriva. Contrairement aux nombreux cas rencontrés, ce n’est pas une rage de dent qui lui a rappelé l’existence des fraiseuses, foreuses et compagnie mais simplement la motivation. Nul besoin d’appât du type « j’te fais un massage d’une heure si tu prends rendez-vous » ou encore  « tu peux tout dévaliser chez H&M si t’y vas ». Par la seule force de l’auto-persuasion et d’un sens du courage incroyable (j’exagère à peine), elle a foncé tête baissée chez le dentiste !

b) La quête du dentiste parfait
Tout sujet normalement constitué possède dans son agenda le numéro d’un docteur, d’un gynéco, d’une bonne pizzeria, de sa banque, de la Reine Mère et … du dentiste.  Tout le monde sauf notre vaillant spécimen. La galère a commencé avec la recherche du « bon ». Celui des parents ? Bof, il la stressait avec ses bégaiements. Celui pioché dans l’annuaire qu’on sait pas s’il a fait BEP boucherie ou bac +6 ? Trop dangereux ! Alors, google est son ami et elle finit par trouver. A tout hasard, un petit mail envoyé dont le fond disait en gros « salut, j’ai super les chocottes, y’a moyen de s’occuper de mon cas sans que toute votre équipe fasse une crise de nerf ? » Une étonnante réponse, rapide et encourageante arriva bien vite avec formules de politesse et tout le toutim. « Nous serions ravis de vous accueillir ». Ils venaient de signer leur arrêt de mort.

b) La prise de rendez-vous
L’index tremblant et le cœur battant,  le cobaye s’est mis à composer le numéro de téléphone. Finalement, quand elle a raccroché avec son petit papier gribouillé d’une date et d’une heure fatales, elle était toujours en vie. « Ça c’est fait ». Elle a quand même plus les chocottes que le jour où elle a passé son BAC. Quand même.
phobie dentiste

  • Chapitre II, où le cobaye a du cran

a) L’escorte
Le sujet, sous calmant, est conduit dans une 206 qui s’est pris un PV pas plus tard qu’hier par son cher et tendre époux qui la découvre stone pour la première fois de sa vie. « Nan mais attends, j’ai même pas peur … Oh le joli panneau … Pis, c’est qu’un contrôle de routine quoi ?.. Hey, regarde comment il te double ce con … T’as vu j’te dis même pas de faire demi tour comme l’autre fois hein ! Oh mince alors un hérisson écrabouillé … » De toute évidence, la future patiente était en très bonne condition psychique pour affronter cette épreuve.

b) La découverte d’un univers oublié
Les tourtereaux arrivent pile à l’heure, le cobaye entre dans le cabinet sans que son mari n’ait besoin d’user de sa force physique hulkienne. Elle s’engouffre dans le pire manège à sensations de sa vie, mouhahaha (* rire sadique de l’auteur). Les murs sont rose fushia, rouge pétard, vert anis : tout le contraire de ce qu’elle s’attendait à voir. Aucune odeur redoutée d’endroit aseptisé n’agresse ses narines. L’assistante dentaire remplit un dossier ; à la dernière question « avez-vous des appréhensions ? », le cobaye s’exclame tout de même « à fond ! ». Gloussement et surlignage très prononcé du mot « beaucoup ».

c) La sauveuse
Arrive la dentiste, la quarantaine à peine, des chaussures roses, un grand sourire. Premier bon point : elle ressemble davantage à une assistante maternelle qu’autre chose. Le cobaye explique sa situation qui peut se résumer comme ça : « je préfèrerais sauter en parachute, caresser un serpent, regarder Joséphine ange gardien ou avoir une gastro carabinée plutôt que la piqure ». La dentiste prend le temps de la mettre à l’aise. Une vraie perle rare comparée aux dentistes que ses dents ont eu le malheur de rencontrer. Le dernier en date l’avait virée sous prétexte qu’elle était, je cite, horrible. Ouais mais attends, il foutait des objets contondants dans sa bouche sans rien expliquer, normal qu’elle  fasse des bonds sur le fauteuil, qu’elle essaye d’esquiver le coup de roulette ou qu’elle chope sa main au vol in extremis avant qu’il la charcute sans crier gare. Tiens, la sauveuse, la super-dentiste-trop-cool, elle  fait un descriptif de tout sans qu’on demande. L’ordre des médecins la soupçonne d’être psychologue à  ses heures perdues en fait. Le cobaye, pourtant avare de compliments à même lâché un timide « vous êtes super » après la première consultation.
phobie dentiste

  • Chapitre III, où le cobaye ouvre la bouche

a) Prise au piège
Vient le moment, après la parlotte, où la sauveuse invite sa toute nouvelle cliente patiente à s’installer sur le fauteuil.  Cette dernière s’exécute tel un robot téléguidé par un anxiolytique génial. Pose de bavoir, remplissage d’apéro/rinçage et c’est parti mon kiki ! A ce moment précis, c’est un peu comme les barrières de sécurité d’un grand 8 qui se verouillent: plus moyen de faire marche arrière ! Le cobaye scrute les outils étranges tels des satellites gravitant autour d’elle, soupire longuement et se résigne.

b) Alléluia, la thérapie est positive !
En l’espace de quelques semaines, le cobaye est devenu presque une patiente modèle. Grâce à un mini cours sur l’art de la seringue, la confiance s’est installée. Envahie par une force psychique venue du fin fond de l’espace qui la transforme en super-women kamikaze, elle a attendu le jour de ses 26ans pour accepter sagement une anesthésie. Mais v’là-t’y pas que C., entrain de lire un magazine qui traînait sur le bureau de la sauveuse, ne voit pas les appels de détresse de sa bien aimée. Il finit par entendre ses « iiiennns » (oui puisqu’elle a déjà la bouche ouverte, le gel à la fraise appliqué et l’aiguille sur le point de piquer) et la rejoins pour un broyage de main en perspective, avec le sourire s’il-vous-plaît parce que le cobaye doit être rassuré. Finalement, elle se dit que le mythe de la-piqûre-qu’on-dirait-qu’on-t’enfonce-un-tournevis-dans-la-mâchoire, c’est rien que du pipeau ! Elle se sent même investie de la mission d’arrêter la prolifération de telle légende urbaine qu’elle classe, rationnellement, dans la même rubrique que celles des dames blanches et compagnie.
phobie dentiste

  • Chapitre IV, pourquoi une peur bleue ?

a) La petite souris
RAS. Pas de chemin de fer sur les dents, ni de petite souris radine et encore moins de dents de lait aux souvenirs impérissables malgré un test infructueux avec sa petite sœur qui consistait à attacher la dent mouvante à une ficelle reliée à une porte. A noter que le sujet s’est pris un retour de portail en métal dans la tronche à l’âge de quatorze ans, heureusement sans séquelles visibles sur le sourire (c.f. cet article sur sa pathologie des boulettes).

b) Un job dans le milieu
Le comble ! Le cobaye a bossé dans un cabinet dentaire en tant que secrétaire et rien qu’aux bruits de la roulette, les frissons faisaient surface. Les patients arrivaient sereins et c’est elle qui les stressait dans la salle d’attente …

c) Le grand méchant loup
La patiente prend les arracheurs de dents pour des criminels psychopathes sans cœur et sans reproche dont le fonds de commerce consiste à martyriser le peuple en toute impunité. Comme une espèce de race à part avec un masque à la place de la bouche, du latex en guise de mains, des brrrrbrrrrbrrrr au lieu d’un langage évolué.

  • Chapitre IV, où le cobaye morfle sa race

a) L’intuition féminine
Après plusieurs séances exempt de hurlements stridents, de « fais demi-tour chéri, j’y arriverai jamais », de bains de sang ou de supplices digne d’un film d’horreur, le sixième sens du cobaye est venu la titiller. En son for intérieur, elle savait qu’une tuile se préparait. Une panne de voiture sur le trajet ? Un ongle cassé ? Un avion qui se crash sur le cabinet médical ? Laissez-moi vous éviter une migraine : rien de tout ça mais bien pire !

b) P*tain de b*rdel, ça douille
Le pépin : une anesthésie directement dans le nerf qui ne prend pas !
« Mais vous me mettez pas le gel avant ?! » s’inquiète la chose tremblante sur le fauteuil mieux équipé qu’une navette spatiale.
– « Non je vais faire autrement » objecte la dentiste, qui venait de perdre son label de super-dentiste aux yeux de sa patiente subitement plus alarmée que jamais.Après une énième piqure qui a recouvré son statut de « qu’on-dirait-qu’on-t’enfonce-une-tournevis », les ongles du cobaye plantés dans la main de la gentille assistante et des braillements étranglés que l’auditoire en salle d’attente a du apprécier, la torture a pris fin. C’est rare et il a fallut que ça tombe sur elle. Forcément, c’était logique en fait.

c) Une persévérance héroïque
On dit que quand on tombe de cheval, il faut y regrimper de suite, n’est-ce pas ? Eh bien, un prochain rendez-vous a été pris. Mais dans un autre cabinet puisque le cobaye a perdu tout sentiment de sécurité chez son ex-super-dentiste. Faut pas déconner avec la confiance. Elle la maudit sur cinq générations, en revanche elle garde à l’esprit qu’elle lui est redevable à vie de lui avoir ôter sa répulsion des piqûres !

Cette thèse vous a été proposé par le Dr Zesskizo, expert en connasse à la cervelle torturée, diplômée de l’université que vous voudrez, qui espère que mercredi à 10heures, cette analyse trouvera sa conclusion.

5 Comments

  • Gwen 20 novembre 2009 at 12:26

    J’ai la chance de ne jamais avoir eu peur du dentiste, c’est fou mais je ne comprend pas cette peur ou elle me fait bien rire. Ton article justement ma fait rigoler, je trouve ça très mimi. Courage pour le prochain RDV.

  • yeahyeahgirl 20 novembre 2009 at 13:08

    je t’avoue j’ai la flemme de tout lire, pourtant je suis admirative de ta patience à écrire tant de choses, mais j’ai adoré les photos et moi aussi j’ai peur du dentiste

  • Barbara 20 novembre 2009 at 21:39

    ah ah! Tu m’as rappele de « bons » souvenirs… Quand j’etais petite, mon denstiste m’a « renvoyee »! C’etait le pere de ma meilleure amie de maternelle. Je lui mordais les doigts des qu’il osait s’aventurer dans ma bouche! Il a persevere pendant plusieurs rdv mais a finalement craque et a dit a mes parents: « Desole, je pense que les seuls qui pourraient faire quelque chose pour votre fille seraient les etudiants de l’ecole dentaire de Bordeaux ». Mmmmm…. Mes parents prennent rdv et la-bas c’etait claques et compagnie (c’etait les annes 80 et c’etait tolere…)! Une fois ils etaient 5 sur moi pour me faire une piqure! 1 a chaque jambe, 1 a chaque bras et mon pere qui me tenait la tete! Horrible! Quelques annees plus tard, une carie… Mon pere me promet que si je me comporte bien, que je suis courageuse, il m’ammenera voir les 101 dalmatiens au cinema! J’ai ete courageuse, je n’ai rien dit et… je n’ai jamais vu les 101 dalmatiens au cinema… (encore une sale promesse de mon pere). Maintenant chez le dentiste, je suis toujours courageuse et j’ai de belles dents! 🙂
    Pour la petite anecdote, 1ere annee de fac a Bordeaux, une nana est assise a cote de moi. Le prof de TP fait l’appelle et la elle me dit: « Tu habitais a Montendre quand tu etais petite? » « Euh, oui… » « C’est moi, Geraldine, de la maternelle, tu mordais les doigts de mon pere! » 😆 ENORME! Ca m’a fait mourir de rire, plus de 10 ans qu’on s’etait pas vu et le premier souvenir qui lui ai venu, c’est ca!

    COURAGE ZESS!!!!!!!!!!!!!

    PS: Desolee pour l’absence d’accent mais j’ai un ordi portable anglais donc sans accent…

  • malvinela 14 décembre 2010 at 14:27

    j’ai moi aussi une phobie du dentisteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

  • chantal 15 novembre 2012 at 9:56

    plein d’humour il parait que les hommes sont plus stomatophobes
    heureusement que l’anesthésie générale existe pour soigner les cas graves
    comme l’etat d’abandon buccal voir la vidéo horrible sur youtube

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