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Les feux de l’amour

28 juillet 2004

C. s’est barré. Pas pour aller chercher deux menus XL coca/frites chez quick qu’on boufferait en amoureux devant un film. Pour de bon, pour de vrai, pour toujours.

C. a largué les amarres. J’étais un amarre.

Ca vous tombe dessus comme une merde de pigeon : je m’y attendais autant que gagner le gros lot au loto.

Il a fichu quelques fringues dans un sac à dos et il est parti, sa guitare sur une épaule, abandonnant maison, vaisselle, pot de confiture, chien, godasses, araignées, ordinateur, photos, canapé et accessoirement moi.

J’étais invisible. Et muette. Il avait l’air plus déterminé que jamais, fort comme un roque, beau comme un apolon. Il m’avait l’air si grand d’un coup. Comme s’il avait toujours été supérieur à moi et que je prenais tous dans les dents maintenant.

Dans son regard, je lisais : « tiens c’est pour toutes les fois où tu m’as emmerdé. Tu es une chieuse, Jess. Tu vois, tôt ou tard, on te fuit. Personne ne peut te supporter. Tu es l’emmerdement personnifié. »

Mon « pourquoi » est resté sans réponse ou bien je ne m’en souviens plus. Peut-être que je l’ai simplement pensé. Ma bouche était obstruée par du coton. J’étouffais.

Il me contournait comme une merde odorante. Je le suivais comme un chien.

Ca ne devait pas se terminer comme ça. Dans la fin de l’histoire, c’est moi qui le quittais pendant ma crise de la trentaine où j’aurais la folle envie de butiner ailleurs. Et c’est lui qui chignerait.

Aurait-il eu une illumination spontanée lui montrant combien j’étais invivable ?

Il m’a claqué la porte à la gueule. J’ai sursauté.

J’ai tout pigé lorsque j’ai vu une pétasse dans une vieille peugeot grise, sa pétasse qu’il a rejoint en courant. Non ils n’étaient pas Roméo & Juliette. Nous non plus. Mais on allait bien ensemble, comme un jeans et un tee-shirt petit bâteau, comme le marron et le orange, comme les patates et la raclette.

J’ai senti une haine profonde entrer dans mon corps, transpirer dans mes veines, s’infiltrer dans ma peau, jusqu’à mon anus. Je te conchie.

Je les ai regardé par la fenêtre. J’avais l’impression de la connaître. Une vieille bique, une fripée. Une pute. Une salope. Elle venait devant notre nid d’amour fabriqué à force d’imagination , de mains, de vis et de tournées des brocantes. Elle me narguait. Il me narguait.

C. a un jumeau caché. C’est la seule explication plausible. C’est comme si j’avais vécu avec le pire des violeurs de vaches sans m’en rendre compte : c’est relativement surprenant.

On ne se transforme pas en sadique sentimental en une nuit.

J’aurais du lui prendre la main plus souvent.

Candy aura finalement des parents divorcés et un père absent, comme tout le monde.
On glisse dans les statistiques, comme une merde coule vers les égouts, populairement à l’instar de milliers d’abandonnés sous anti-dépresseurs.

=> Les commentaires (ancien blog) sont (à se pisser dessus) !

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