Instagram

Instagram requires authorization to view a user profile. Use autorized account in widget settings

Titre volé

26 janvier 2005

En ce dimanche matin radieusement ensoleillé, les oiseaux sifflent la marseillaise, Ginette n’a pas tartiné son caca jusqu’au plafond cette nuit, la chaudière n’a pas explosé, C. s’est levé du bon pied ; tout va bien dans le meilleur des mondes.
Neuf heures, sac à main en bandoulière et monnaies dans les poches, nous nous dirigeons vers la bagnole, garée à quelques mètres de la maison, dans l’optique de faire un tour au marché aux puces.
– « Fais-moi penser à acheter de la peinture au vendeur voleur de Castorama et … »
– « Léléles pooortes d’la voitur’ sont ‘vertes ! »
– « Hein ? »
– « LES PORTES SONT OUVERTES BORDEL ! »
– « Me dis pas que t’as oublié de fermer les portes espèce de … »

Soudain, un trou béant habituellement comblé par le poste me saute aux yeux aussi violemment qu’un chat enragé.

Je pousse alors un cri de détresse plus profond que le gouffre d’une pute s’apparentant à un : « Ah ! Ahhh ! AHHH ! Mais non ! Non ! NOOON !» suivi d’une kyrielle de noms de dinausaures en battant des bras et en serrant les poings comme une Nelly Olson vraiment pas contente.

C. qui venait de jongler du blanc à l’orange s’installe dans la voiture légèrement plus bordélique que d’habitude. Nous observons notre chez nous mobile violé, souillé, saccagé, déchiré au plus profond de son âme routière, des injecteurs aux tuyaux d’échappement.
Ouvrant la boîte à gants qui nous servait essentiellement de tiroir à CDS, nous nous apercevons que le(s) connard(s) ne s’est pas privé de notre belle collection d’originaux et de CDRW gravés.
Je pousse alors un second hurlement désespéré en totale harmonie vocale avec C. qui passe alors au vert en se transformant en Hulk.

Bizarrement, mes lunettes, les détritus de bonbons, les tendeurs, les quelques centimes (les marrons foncés, pas les jaunes), l’élastique, et les cartes routières ne l’a pas charmé. L’autoradio CDs Mp3 pratiquement neuf lui suffisait ; s’encombrer de petits trucs insignifiants pendant les soldes n’étant qu’une perte de temps et de fric, je le comprends tout à fait.
En plus d’être pourri, ce honteux primate, qui mérite d’avoir les deux menottes coupées au cutter, est aussi con puisqu’il n’a même pas pris la peine de piquer en prime le boîtier du poste, ce qui à la revente est un détail complaisant non négligeable. Autant faire les choses correctement. Sa hâte excuse son erreur ; moi aussi, je ne suis pas très objective quand je fais du shopping à la va-vite. Peut-être même qu’il a pu vivre sa précipitation comme stressante, peut-être qu’il le vit mal, qu’il a eu des ampoules aux panards en courrant, qu’il est socialement rejeté ou mou du gland. Tant de questions criminelles qui resteront sans réponses.

La portière côté conducteur a été apparemment attaquée par un instrument de type pied de cerf qui a laissé des traces de renfoncement qui passent cependant bien avec d’anciennes marques sur la carrosserie au niveau de l’aile droite, une chance que cette dégradation affirme le style authentique usé de la caisse (comme sur les jean’s fashion usés jusqu’à la corde mais hypra chers mais méga tendance attention).

Après observations des préjudices collatéraux (choc matinal, traumatisme psychologique, hantise d’oublier un briquet sous un siège), nous nous rendons chez les flics dans leurs luxurieux nouveaux bureaux colorés d’un moche bleu roi qu’ils aiment tant.
– « Tu fermes pas ? »
– « Fait chier, rien à foutre, merde, … » répond C. légèrement énervé.
– « Laisse le coffre ouvert tant que t’y es ! »
– « Fait chier, rien à foutre, merde, … »

Le sous poulet, option adjoint dactylo, note l’heure (9h28) et le motif (vol et dégradation sur véhicule) de notre arrivée dans un beau cahier couvert de colonnes. Il nous dit de patienter. Nous patientions.
Installés sur une longue rangée de sièges en ferraille inconfortable et casse cul, nous critiquons à peu près tout ce qui nous passe sous le nez, des individus customisés costumisés à l’architecture façon « perte d’espace » en passant par le glandage professionnel intensif observé.
Au bout d’une demi-heure de spectacle ô combien passionnant (nous voyons notamment passer une Julie Lescaut version rangers et un pète-plus-haut-que-son-cul à talonnettes relatives à son homosexualité), nous retournons au bureau d’accueil nous plaindre et menaçons même de partir chez l’ennemi à ssvoir les gendarmes.
Résignés, nous dépensons alors notre ferraille réservée aux puces aux distributeurs, dont les prix étaient horriblement élevés, pour grignotter un petit-déjeuner passe-temps.
Une heure et demie après, nous ressortons, notre PV en main.
Après négociations de non violence avec C. (« faut pas faire la violence, faut faire la brutalité » © Schnoudeul), nous décampons au marché aux puces en quête de notre autoradio dans l’espoir de le retrouver, sain et sauf, aux côtés de nos CDS sur un étalage.

Tels des espions dont la mission est de la plus haute importance orgueilleuse et financière, C. et moi opérons stratégiquement en longeant chaque rangée ; lui scrutant à droite, moi à gauche. Habituellement entraînés à chercher le vieux grand miroir « comme dans les châteaux » piqué mais pas trop, fissuré mais pas trop non plus, nous décelons alors que la vente illicite de gadgets de bagnoles volés la veille est conséquente sur un point de vue quantitatif.
Conseillé par Monsieur l’Officier de Police judiciaire d’appeler le 112 dès apparition/révélation/jubilation du matériel, nous sommes donc prêts à bondir sur une cabine téléphonique/un gars avec un portable/un flic en civil à tout moment.
Les fausses joies se succédaient : mais non celui-là n’était pas assez gris, l’autre pas assez petit … Avec du recul, je me demande si on aurait pas du en choisir un au pif.
D’ailleurs peut-être pourrions-nous même passer une commande de pneus ? Ah ! Non, nous ne participerons pas à l’engraissement du traffic de ces méchants bandits immorales même si des pneus Michelin à tiers de prix tenteraient Mère Thérésa.
Nous guettons. Nous bouillons. Nous perdons.
Nous repartons bredouille comme des andouilles sans même prendre le temps de refaire le tour des stands, cette fois, pour notre plaisir personnel par manque de monnaies et dégoût et aussi parce qu’avec la goutte au nez à la place d’un bon manteau chaud., l’envie de retourner à la maison nous morfondre sur notre sort étant plus fort.

– « Tu sais ce qu’ils font le samedi soir certains gens ? »
– « Ils vont en boîte de nuit ? »
– « Ca, c’est les gentils cons. »
– « Ils baisent ? »
– « Ca, c’est les gens normaux mais les méchants, eux, font le ravitaillement de leur stock commercial. »

No Comments

Leave a Reply

mes livres de crochet

zess

………………………….

zess

Bon plan :

Newsletter

shops :

pub


pub

Merci :

Mes photos ne sont pas libres de droit. Merci de m’avertir si vous souhaitez en utiliser une.

Instagram

Instagram a retourné des données invalides.

@zessfr

×