Attention II

28 janvier 2004

Hier, en allant au boulot, je sentais mon ventre faire des gouzigouzi pas très rassurants. Arrivée à bon port, je commence à éplucher des courriers en sortant les dossiers. Mon bide me fait très mal, il se tord dans tous les sens. Je reste assise en espérant que ça passera. Perdu.
Je file aux chiottes et y reste longtemps, la gerbe pas loin de mon bec et des spasmes dans le bas du ventre qui n’arrêtent pas.
Je ressors, toujours aussi patraque, avec la petite goutte de sueur sur la tempe.
J’essaie à nouveau de faire mon travail puis j’abandonne, les douleurs étant devenues insupportables.
– « Putain, je me sens mal, j’vais chez le médecin, tu préviens machin. »
Je me barre sans attendre de oui ou merde et vole vers le bus. Je l’attend des minutes qui me paraissaient des siècles pendant lesquelles j’aurais pu sucer un babouin pour un chiotte, n’importe lequel, même un turc m’aurait réjouie.

Essayer de penser à autre chose. Impossible. Concentration. Garder les intestins en place. Eviter de se tordre comme un ressort.
Dix minutes après, mon arrêt enfin. Je cours jusqu’à chez moi, monte les escaliers en manquant de me briser les dents.

– » Manquerait plus que la clef pète dans la serrure. »
Je vire le manteau, balance le sac, arrache le froc, me pose sur le trone royal.
Un des plus grands soulagements de toute ma vie. C’était beau. Premier accouchement. Jouissance anale extrême.

Passons.
Je vais chez le médecin, première femme trouvée dans le bottin qui crèche pas trop loin de mon quartier. Elle était sympa si l’on s’accorde à dire que sympa colle à tous les gens qui ne sont pas antipathiques. Elle m’a dit de ne plus prendre de codoliprane mais du doli tout court sinon je finirai intoxiquée. Elle est rigolote aussi donc.

Par contre, elle était pas compréhensible vu qu’elle m’a mis en arrêt maladie que le lendemain. Une gastroantérite ça vaut bien une semaine.

J’ai profité de mon jour de repos intestinal et de travail pour dévaliser les magasins : deux ceintures, une jupe, un collant violet, un gilet en laine, une écharppe et deux badges. Et, une paire de baskets, encore des tigers mais cette fois des noires.
Y’a des jours, je peux trainer dans cinquante boutiques, je trouve tout détestable pis d’autres jours, je fouine plus scrupuleusement et déniche des conneries à me foutre sur le dos.
Le tout en solde. Jouissance narcissique devant le miroir.
L’inventaire devant C. s’est déroulé paisiblement puisque je n’ai même pas eu droit à un « encore ! » ni même un « han han donc t’as claqué environ 100€ ».

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