Avoir une bagnole de deux tonnes, c’est bien

18 août 2003

comme prévu. En effet, on ne peut pas commander le ciel et ses caprices.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un orage a éclaté, réveillant tout le camp qui s’était empressé de ranger les affaires qui trainaient dehors. Les autres avaient bien de la place, tous dans leur caravane, nous seuls nous cachions dans la tente dans l’espoir qu’elle ne prenne pas trop l’eau. Une heure de pluie où les éclairs se prenaient pour des lampes de poches surpuissantes, puis ça s’est calmé.
Le lendemain, après avoir remballé tentes, piquets et glacière, on est parti à Montpellier manger un menu hyper gras chez Quick. Tranquillement, on se goinfre de frites et d’hamburgers tout en sifflant des centilitres de coca pour faire glisser le tout. Le bide plein et la gerbe pas loin du museau, on rejoint la deuch sous une pluie fine. On se pose entre les couvertures, les coussins, les sacs et les fringues. Soudain, les éclairs se multiplient à une vitesse incroyable et la pluie se transforme en cascade de cordes. Le vent s’en mêle et l’eau se met à fouetter tout ce qui bouge. Les grands panneaux des magasins s’éteignent, des câbles pendent. On se croirait en pleine nuit tant le ciel est sombre et le champ de vision restreint. Des centaines de feuilles volent en tourbillon sur les parkings presque déserts. La petite deuch se met à valser, un peu comme si un gamin soufflait sur une corvet miniature.
« Bidou j’ai peur, on va se retourner, J’AI PEUR ! »
Et comme un malheur n’arrive jamais seul : la bache était déchirée. Car, on avait eu un petit problème technique quelques heures auparavant. Alors que C. roulait, le toit ouvrant de la voiture, c’est à dire une bâche en plastique rigide, s’est arraché. Un grand morceau de ferraille rouillé s’est retrouvé en plein milieu de la nationale et C. a chopé une grosse bosse sur le crâne lorsqu’une autre barre lui est tombé dessus.
Bref, alors que le mistral souffle de toutes ses forces, on essaie tant bien que mal de faire tenir cette putain de bache en la calant avec des crochers et … nos mains. Tout le devant de la caisse prend l’eau alors on déniche nos grandes serviettes de plage pour les caler entre les fissures. Quelques mouchoirs pour les trous plus petits et une couverture sur nous pour éviter d’être complètement trempé, on est là comme des cons à tenir la bâche pour pas que la bagnole finisse en tas de ferraille.
« S’teu plaît, viens on laisse la caisse et on court jusqu’au quick ! »
– « Pourquoi ? » demandais C. une serviette sur la tête.
– « Mais pour pas mourireuh ! Pour avoir un toit sur la tête ! »
– « T’arrives pas comprendre que je peux pas laisser la deuch comme ça, mon père va me tuer ! »
Pour sauver la voiture et accessoirement, la vie de C., on reste dans un carrosse qui s’est littéralement transformé en éponge.
On savait pas où garer la caisse en sécurité.
Comme on était à contre sens du vent et dans une espèce de couloir de tornade, on a roulé autour de quelques magasins puis on a coupé le moteur derrière un kiabi où une grosse berline attendait déjà sagement que la tempête se calme.
A bout de force psychique pour luter contre la peur : « et si on allait dans la voiture du gars ? Il est tout seul en plus ! », C. rigole, avoue qu’il est plus en sécurité que nous et dix secondes après la grosse voiture se casse.
 » I’ nous a entendu ou quoi ? I’ nous abandonne ! On va mourir ..! »

Quoi j’avais peur ? Non, j’étais anxieuse. Je voyais des éclairs énormes en formes de Z partout qui touchaient tous le sol. Le tonnerre grondait tellement que mes oreilles bourdonnaient. Lorsque C. essayait de pisser, j’avais peur que son petit oiseau ne prenne son envol.

Puis le vent s’est un peu calmé et on a roulé tout doucement vers le chemin du retour à Nîmes. Les éclairs nous suivaient. La route était encombrée de tas de branches arrachées. Les gens les plus solidaires faisaient des appels de phares.
On a même vu un grand poteau EDF couché sur un champ. Un grand, grand, genre un immeuble de 5 étages.
Pendant près d’une heure on a tenu la bâche. Des crampes ? Nooon ! Des mains et des bras paralysés, martyrisés, fatigués.

Sinon, j’ai adoré notre week-end, même ce périple.

Et j’aurais plus jamais peur d’un minable orage de chaleur ..!

No Comments

Leave a Reply

mon dernier livre

crochet calin de zess

Newsletter

shops :

pub


pub

Merci :

Mes photos ne sont pas libres de droit. Merci de m’avertir si vous souhaitez en utiliser une.

×