La feria

4 juin 2004

Ou Pisser 36 fois entre des voitures,

La feria a fiché le camp comme elle est venue, pliant bagages et manèges, le tout dans des boîtes sur roulettes ; les comptoirs repartent dans les caves et les poubelleurs se remettent doucement de leurs heures supp’ et exténuantes de ces trois jours de dure labeur à décrasser bouteilles, verres, papiers et dégueulis salopant leurs bottes jusqu’aux genoux.

Jusqu’à samedi dernier où j’ai expérimenté ladite nouba, ce bataclan consistait typiquement en un supplice infligé aux taureaux inoffensifs, impuissants et martyrisés derrière une pseudo tradition à la con.
Par dessus le marché, sous prétexe qu’il s’agit de l’événement immanquable du moment, un bordel ambiant est imposé dans la ville ; la moitié des rues du Centre Ville sont impraticables ou barrées, les camions de bière livrent tôt obligeant la moitié des travailleurs à arriver en retard au boulot.
Le seul fait de vouloir s’acheter un pack de bière ressemble à un parcours de l’alcolique du combattant, les bouteilles de schnick étant dévalisées au Monoprix du coin …

Au bout du compte, histoire de me fondre dans la masse, j’ai suivi les conseils de base de personnes avisées : pas d’appareil photo numérique, pas de chéquier sur soi, ni la broche à 107 euros de mémé. Des bonnes godasses, de la monnaie et une mixture alcolisée déguisée en gini ou autre soda banale, j’étais parée.
Restant néanmoins allergique à la maltraitance animale, je ne m’étais donc pas approchée des arènes.
Sans le côté sanguinolant, la feria vaut la peine de décoller de son canapé pour aller se dégourdir la rate.
Mieux qu’une fête de mariage où l’on se tient bien, presque aussi bien que la fête de la musique.
Les gens, tout âge confondu, trâinent dans les rues et personne ne se regarde de travers puisque tout le monde fait plus ou moins la même chose (à savoir ingurgiter des doses d’alcool excessives tout en grignotant des churros au nutella, le tout en montant dans des manèges cruels).

J’ai mis un dimanche entier à récupérer l’usage de mon cerveau et l’équilibre de mon estomac traumatisé.

A quand la prochaine ?

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