La fête de la musique à Montpellier

2 juin 2004

Il a plu le 22 juin et ça ne m’a même pas étonnée.

Arrivée à hauteur d’épaules, je manquais d’oxygène dans la foule, cette nouvelle génération aux centimètres en trop.
Sinon ça allait. On n’a pas trop pris mes pieds pour du macadam et ma tête pour un plot de circulation où l’on peut s’accouder le temps d’une pause.
Dans tous les coins de rues, des flics se croisaient et discutaient, surveillaient le peuple de temps en temps, histoire de faire quand même leur boulot de sécurité. Vers la gare, on pouvait confondre les militaires en tréilli fashion et les clochards vêtus des mêmes fringues récupérées, elles, à l’armée du salut. Sauf que les premiers avaient dans leurs mains des mitraillettes inutiles qui les rendaient complètement ridicules en cette soirée de bringue.
La fête prenait des airs de carnaval lorsque des troupeaux de goths prépubères en mal de reconnaissance sociale traînaient leurs chaines vers des groupes à la slipknot dont les chanteurs baragouinaient dans un langage peu commode ; j’hésite encore entre de l’anglo-français option hurlement à la tonalité saccadée et un patois tchécoslovaque aux inflexions caverneuses.
On a eu droit à un groupe de rock constipé carrément pas motivé à la limite du on-se-fait-grave-chier-sur-cette-putain-de-scène ! Peut-être d’anciens candidats à ‘l’école des fans’ traumatisés de l’expérience …
Il y avait des tamtams et des djembés, des guitares et des amplis partout. On pouvait entendre, entre deux notes de musique, des bouteilles en verre se briser ou slalomer entre les pattes turbulentes.
Des journaux déchiquetés et des canettes vides jonchaient les pavés le tapissant d’une couverture de déchets dont les centaines de pieds trépignants l’écrasaient joyeusement.
Malgré la découverte forçée de quelques nouvelles variétés de sons peu orthodoxes pour mes oreilles, je ne signale toujours aucune attirance particulière pour la trompette, le saxophone et la flûte.
Toutes les notes se mélangaient dans un brouhaha plaisant. Les odeurs de parfum et de moiteur corporelle se mêlaient, la populace se collait et se décollait comme des aimants à frigo, des giclées de bière sautaient de gueule en gueule et tous les pieds finissaient en compote de fromage.

Après des kilomètres de pas, une frite avalée et quelques douzaines de coups de coude/de seins/de boules/de sacs/de gueule/de couilles/de pieds/ de cul, C. et moi repartions, crevés, à la cazba vers les deux heures non sans mal, trop d’accès routiers étant barrés.

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