Quand tout ce fait à la dernière minute,

14 août 2003

Avant de s’en aller, il me laisse un billet bleu turquoise sur le bureau en désordre.
C. ne travaillant pas vendredi, autant en profiter pour se taper un « p’tit week-end en amoureux » comme a dit le gars au téléphone lorsque j’ai voulu réserver un emplacement dans un camping de l’Hérault.
D’urgence, je me retrouvais à dénicher sur le net un camping avec un parc aquatique, ni trop petit, ni trop grand qui ne serait pas complet. Inutile de dire que j’ai plutôt galéré vu la haute saison et le nombreux ahurissants d’allemands, anglais et autres touristes envahissant le sud. On peut même plus camper où on veut chez soi !
Entre la lecture quotidienne de mes blogs favoris et mes recherches sur gogole, j’ai passé ma matiné pendu au téléphone à rabacher pareil : « oh c’est complet, dommage … aurevouargh ! »

Finalement j’ai trouvé. Restais plus qu’à envoyer un fax et à faire les courses.
Les courses : seule, à pied, dans un magasin pourri, avec des gens moisis pour un saucifflard, du beurre, du nutella, des boîtes de conserves …

Et comme ma papèterie fétiche était fermée ou plutôt qui, malgré mon attente impatiente sous la cagne, n’ouvrait pas ses grilles, je me décidais à faire 1 kilomètre à pieds (ça useuh, ça useuh, …) pour aller à la poste et envoyer ce putain de fax pour le camping.
Ma librairie fétiche, parce qu’un jour, alors que je faisais la queue pour faire des photocopies pour Shnoudeul, j’ai apperçu le chienchien de la vendeuse, une sorte de pékinois version plein de noeufs partout (pas la vendeuse, le clébard) et biensur, j’ai voulu lui faire une gentille petite caresse. M’approchant vers lui en lui montrant ma main, il a attenté de me zigouiller avec ses dents en grognant comme une truie.
Alors c’est fétiche voilà. Parce que c’est la première fois que je me suis prise la honte à cause d’une boule de poils : « ouh la il est méchant le chien ! »
– « Oui, faut pas s’en approcher » avait répondu la madame, fière de son pseudo nain de garde.

Bref, tout ça pour délaisser ses clients et les obliger à aller à la poste, comme tout le monde en fait.
La-bas, j’attends une demie-heure, heureusement y’a la clim’, donc je me plainds pas, d’ailleurs j’ai personne à qui me plaindre. Moi, je parle pas aux gens. Je parle pas non plus à moi.
Contrairement à ce drôle de gars.
Sur le chemin du retour, chargée comme un âne, je suis suivi par un jeune mec, à peine plus vieux que moi, qui papote. Il parlait assez fort d’une voix mi stridante, mi grave : « ce soir j’appèlerai Nathalie et je demanderai le numéro de Brigitte et je le noterai dans mon carnet d’adresses. Et puis, il y a le coiffeur, oui oui … tu sais il est sur la place de la République à côté du 265 … »
Je me retourne parce que, vraiment, on dirait qu’il fait exprès de parler si haut. Y’a personne à ses côtés. Je me reretourne en pensant qu’il a peut-être le dernier portable sans fils et sans téléphone avec seulement une puce dans l’oreille. Mais je vois bien que non. Il parle. Il se parle dans de grands gestes comme pour se convaincre lui-même. Une bonne dizaine de minutes, j’ai entendu ses conversations intimes. C’était même pas marrant, c’était bizarre.
J’avais envie de lui demander : « pourquoi t’es fou ? » et j’aurais regretté. Il n’est pas fou mais il ne parvient pas à penser dans sa tête. Il n’est pas toqué puisqu’il cause aussi banalement que vous et moi, qu’il connait les noms de rues (moi non), qu’il sait ce qu’est un coiffeur, …

Le pire c’est qu’il avait de faux airs de Jim Carrey : Dumb & Dumberer ? La promo ?

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